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IMPORTANCE DU NUCLEAIRE DANS LE MIX ELECTRIQUE

Visuel d'une centrale nucléaire évoquant l'énergie propre

Après la période de ralentissement qui a succédé à une première phase d’essor, la production électronucléaire connaît un regain d’intérêt dans le monde. La technologie nucléaire dispose de sérieux atouts par rapport à d’autres sources de production électrique.

Evolution historique de la production électronucléaire mondiale

Les premiers programmes nucléaires de production d'électricité ont débuté au milieu des années 1960 aux Etats-Unis et au début des années 1970 en Europe. Dans les années 1970, les craintes d'une raréfaction des énergies fossiles et la volonté de certains états de réduire leur dépendance énergétique ont favorisé le développement du nucléaire.

Cette forte croissance a été ralentie, avec les craintes de l’opinion publique, à la suite des accidents de Three Mile Island en 1979 et de Tchernobyl en 1986.

Ainsi, si 399 réacteurs ont été construits sur la période 1970-1990, la capacité installée n’a progressé que de 14,4 % sur la période 1990-2008. Cependant la production électronucléaire à continuer à croître de 36,9 % sur la période 1990-2008, notamment grâce aux progrès réalisés sur la productivité des réacteurs.

La production électronucléaire 2009 est estimée à 2 725 TWh/an, avec notamment des arrêts prolongés de réacteurs en Inde, en Grande-Bretagne et plus particulièrement au Japon.

418 réacteurs, sur 439 réacteurs en service, ont produit de l’électricité, représentant 392 GWe installés brut.

Evolution du nombre de réacteurs en service et de la puissance nucléaire installée dans le monde entre 1965 et 2008 :

Evolution historique de la production électronucléaire mondiale

Source : AIEA

Répartition actuelle des réacteurs en service dans le monde

  • Les réacteurs à eau légère, qui représentent l'essentiel du parc mondial, se subdivisent en deux groupes, les Réacteurs à Eau sous Pression (REP ou PWR en anglais) et les Réacteurs à Eau Bouillante (REB ou BWR en anglais). Ces réacteurs représentent 357 unités en service, dont 51 réacteurs russes de type VVER (REP) ;
  • Les réacteurs à eau lourde de conception canadienne (Candu) ne représentent que 46 réacteurs en service en 2008 ;
  • Les réacteurs refroidis au gaz (Magnox et AGR) représentent 18 unités en service au Royaume-Uni, et un calendrier d'arrêt a été fixé pour ces réacteurs.

Il existe enfin d’autres types de réacteurs en service, comme les réacteurs russes graphite-eau légère (type RMBK) et des réacteurs à neutrons rapides.

L’ENERGIE NUCLEAIRE, UNE TECHNOLOGIE INDISPENSABLE FACE AU DEFI CLIMATIQUE

L’énergie nucléaire est une technologie incontournable pour atteindre les objectifs de réduction des émissions de CO2 préconisés par la communauté scientifique et validés au niveau politique par un nombre de plus en plus grands de pays. Les émissions de gaz à effet de serre sur l’ensemble du cycle de vie de l’énergie nucléaire (y compris l’extraction de l’uranium et son enrichissement) sont en effet comparables à celles de l’éolien.

Le nucléaire permet d’ores et déjà d’éviter l’émission de 0,7 milliard de tonnes de CO2 par an dans l’Union européenne, ce qui est à comparer aux 0,4 milliard de tonnes nécessaires pour atteindre les objectifs du protocole de Kyoto. Aux Etats-Unis, les centrales nucléaires ont permis d’éviter l’émission de 0,7 milliard de tonnes de CO2 en 2004.

Selon la brochure Climate change* la production électronucléaire permet ainsi d’éviter l’émission d’environ 2 milliards de tonnes de CO2 chaque année dans le monde, soit 7 % des émissions mondiales annuelles (28.8 milliards de tonnes émises en 2007 selon le WEO 2009).

* Brochure de Foratom 2005

LE NUCLEAIRE, UNE SOURCE D’ENERGIE COMPETITIVE ET INSENSIBLE AUX PRIX DES COMBUSTIBLES FOSSILES

Sur la période 2002-2008, la forte croissance de l’économie mondiale a contribué à une augmentation substantielle des prix des énergies fossiles (charbon, pétrole et gaz), le pétrole atteignant les 150 $/baril. L’année 2009 a ensuite été marquée par un fort repli du prix des énergies fossiles, dans un contexte mondial de crise économique. Cependant, une fois les effets de la crise dissipés, ces prix devraient poursuivre leur progression, reflétant les tendances de fonds de l’économie mondiale : croissance démographique, rattrapage économique des pays d’Asie, d’Amérique latine et d’Afrique. On observe d’ores et déjà une remontée très nette des prix.

Le prix du CO2 est resté relativement stable en Europe en 2009. Cependant, les engagements de plus en plus contraignants en matière de réduction des émissions tireront nécessairement les prix du CO2 vers le haut dans les pays déjà dotés de marchés carbone alors que dans les autres pays (pays en développement, USA…) une contrainte carbone à moyen/long terme semble inéluctable.

Or, les prix des énergies fossiles impactent fortement les coûts de l’électricité produite par les centrales thermiques au charbon et surtout au gaz. Le prix du CO2 est également une composante importante de la structure de coût des centrales au gaz et surtout au charbon.

A contrario, la compétitivité de l’énergie nucléaire dépend très peu du prix de l’uranium et pas du tout de celui du CO2. La part de la matière première dans le coût complet actualisé de l’électricité nucléaire est en effet très faible et l’impact d’un doublement du prix de l’uranium sur le coût de production de l’électricité est de l’ordre de 5 %.

Une vision à long-terme du secteur énergétique fait donc apparaître l’énergie nucléaire comme une source d’électricité particulièrement compétitive en base délivrant une production à coût stable et prévisible. Sur le graphe suivant, on observe que la compétitivité du nucléaire par rapport au gaz ne requiert pas de contrainte carbone alors qu’une contrainte CO2 minime suffit par rapport au charbon.

Coût de production pour les différentes filières électrogènes dans les pays de l’OCDE
pour le scénario de référence de l’AIE

Graphique : comparaison des prix de l'énergie

source : AIE

Les atouts du nucléaire

L'énergie nucléaire présente de nombreux avantages sur les plans économique, environnemental, stratégique et opérationnel :

  • elle favorise la lutte contre le changement climatique
  • elle demeure compétitive par rapport aux autres sources d’électricité utilisées en base et permet de se couvrir contre la volatilité des prix des combustibles fossiles et du CO2
  • elle permet une rentabilité élevée pour les investisseurs et vient limiter la hausse du prix de l’électricité pour le consommateur dans le cadre d’une forte hausse du prix des hydrocarbures,
  • elle offre la garantie d'une sécurité d’approvisionnement : les ressources en uranium sont bien réparties dans le monde et le combustible nucléaire est aisément stockable, contrairement aux réserves d'hydrocarbures qui sont géographiquement concentrées au Moyen-Orient et en Russie. À eux seuls, Russie, Qatar, Arabie Saoudite et Iran détiennent plus des deux tiers des réserves de pétrole et de gaz,
  • elle offre des performances opérationnelles et de sûreté remarquables, notamment grâce à la nouvelle génération de réacteurs développés par AREVA, dite génération 3+ : réacteur EPRTM, réacteur KERENA, réacteur ATMEA1.

Les perspectives du marché du nucléaire

Depuis plusieurs années maintenant, on observe dans le monde une volonté claire de nombreux pays soit de construire de nouvelles centrales (Etats-Unis, Royaume-Uni, Finlande, Suisse, Inde, Chine…) soit de lancer dans un programme électronucléaire (Italie, Emirats Arabes Unis…). Les projets restent néanmoins tributaires des calendriers de prises de décisions politiques, variables selon les régions.

La base installée en Europe et CEI reste prééminente (environ 45 % du parc mondial) devant l’Amérique du Nord (près de 29 % du parc). C’est en revanche dans les pays asiatiques (Japon, Corée et maintenant la Chine) et dans une moindre mesure en CEI que se situe l’essentiel du potentiel de croissance à moyen terme (horizon 2015) du parc électronucléaire.

Les projets du parc électronucléaire mondial en 2009 :

  • 55 réacteurs en construction dans le monde (contre 44 à fin 2008),
  • 137 réacteurs en commande ou en projet (contre 105 à fin 2008),
  • plus de 300 (contre 260 à fin 2008) envisagés dans les années à venir.

Développement durable

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Présence dans le monde
Situation financière

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