Un monde energivore

Répondre de façon compétitive à la hausse de la demande d’électricité, notamment en provenance des pays émergents, tout en diminuant les émissions de gaz à effet de serre du secteur, constitue l'un des défis du XXIe siècle. Les économies d’énergie et le développement des énergies sans CO2, principalement les énergies renouvelables et l’énergie nucléaire, constituent ensemble une partie de la réponse à ce défi.
+ 75 % de consommation d’électricité en moins de 25 ans
Selon l'Agence Internationale de l'Energie (AIE), la consommation d’électricité dans le monde devrait augmenter de 75 % entre 2007 et 2030, passant de 19 756 TWh à 34 292 TWh. Chine et Inde en tête, les pays en voie de développement seraient à l'origine de plus de 80 % des nouveaux besoins, la consommation d'électricité augmentant avec le niveau de développement.
La croissance annuelle moyenne de la consommation d’électricité au niveau mondial serait ainsi de 2.4 % contre seulement 1.5 % pour la consommation d’énergie primaire.
Par ailleurs, la production électrique est aujourd’hui responsable de plus de 40 % des émissions de gaz à effet de serre liées à l’énergie, le mix électrique mondial reposant principalement sur les combustibles fossiles.
Mix électrique mondial
Source : IEA - WEO 2008
Les défis énergétiques sont notablement exacerbés dans le secteur électrique : la consommation électrique connaît une croissance supérieure à la consommation d'énergie primaire, la production électrique est très largement dépendante des combustibles fossiles et elle est le principal contributeur aux rejets de gaz à effet de serre.
Construire un mix énergétique électrique durable
Dans son rapport WEO 2009 publié en novembre dernier, l’Agence Internationale de l’Energie a développé un scénario vertueux dans lequel les politiques énergétiques implémentées par les Etats permettent de limiter l’augmentation à long terme de la température du globe à 2°C.
La source principale de réduction des émissions dans ce scénario est l’amélioration de l’efficacité énergétique (industrie, transport, bâtiment, électricité). Vient ensuite le changement de mix électrique vers des sources d’énergie moins carbonées, ce qui se traduit par un fort développement des énergies renouvelables et du nucléaire.
La réduction de l’intensité carbone du mix électrique serait à l’origine de 42 % des efforts de réduction pour atteindre ce scénario vertueux, soit beaucoup plus que le secteur des transports ou de l’industrie. Cela atteste de l’importance capitale de développer un mix électrique reposant plus largement sur les sources d’énergie sans CO2 que sont les énergies renouvelables et nucléaire.
Des investissements majeurs nécessaires
La croissance des besoins en électricité implique des investissements significatifs estimés par l’AIE à 13 700 milliards de dollars entre 2008 et 2030 dans son scénario de référence :
- la moitié pour renouveler le parc électrogène et suivre l’augmentation de la consommation,
- et l’autre moitié pour étendre les réseaux de transmission et distribution.
Si on souhaite atteindre les objectifs de lutte contre le changement climatique, les besoins d’investissements seront même plus importants puisque les énergies renouvelables et le nucléaire sont plus intensives en capital que les technologies fossiles.
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